Archivo

Archive for the ‘French’ Category

The man of the strongbox // L´homme du coffre-fort 554

septiembre 11, 2016 Deja un comentario

Resultado de imagen de strongbox

Me– It´s pathetic, his only interest is money, he´s the man of the strongbox, gaining  the respect of the people. He is the type of man that corresponds to the oligarchic system, isn´t he?

Adimante– I think so. Both for the oligarchic city and for the man that lives therein money is the paramount issue.

Me-I don´t think that this man will care much about education.

Adimante– Certainly not, otherwise he wouldn´t go astray following the oligarch´s blindness. To that point he admires him.

Me– Indeed. But beware! The same desires as those which bumble-bees have, come along together with his lack of education and this man houses them.  Some, in the form of sheer beggary, others as desires to do harm. Only his trained awareness for security enables him to contain them.

Adimante– Exactly

……

Me– Thus, we can well gather what is at stake in the deals in which our oligarch engages, deals through which he gains reputation thanks to the appearance of justice. Our oligarch is an orderly person and he forces himself by dint of hard work in order to contain the pervert desires that he harbors. Yet he doesn´t arrive to talk some sense into these desires nor to calm them down through reasons, given that necessity and fear weigh on him triggered likely by the concern for the preservation of his wealth.

Adimante– Absolutely.

Me– But, for Christ´s sake, my dear friend, most of this type of people reveal themselves when it comes to public expenditure. At these moments you  catch sight of those bumble bees that haunt them: their desires.

Adimante-Definitely

Me– Such a man will certainly have to endure internal divisions: instead of one individual, he will be two. Still, one desire weighed against the other, let´s admit that in the case of this man the good ones will beat the wrong ones.

Adimante– Surely

Me– The oligarchic person has therefore a more presentable appearance than others. However as to the mental cohesion based on an internal harmony, he is far away from real excellence.

Adimante– I agree

Me– If brought to face a challenge against other members of the city, our knight of the savings will conduct himself in a stingy way, regardless of whether a victory or a noble ambition is at stake. Money will thwart every commitment on his side: neither glory nor competitions for glory will seem for him worth his money. He will be afraid to awake his spendthrift desires driven by belligerence or a desire for victories. His contributions to war will be meager given “the meager government” he represents, that is, the oligarch he is. He will come off worst but he´ll continue to be rich.

Jacques Cazeaux

The oligarch was formerly someone “keen on honour”. In him, therefore, the desire to shine and to win lies dormant. Stooped to the level of the inferior desire, the desire for money, and to a certain profligacy with respect to other people´s s goods,  he is caught in a manoeuvre of this last passion, which imitates generosity: under the pretence of glory… let´s go and spend… even our own money. The duality of this person risks turning against him, against even his “oligarchic” character itself. In a context of fight, emulation and eventually war the oligarchic individual is led to the ultimate vice of the oligarchic city: the disastrous parsimony in the war itself.

Resultado de imagen de coffre fort

Moi– En minable, il fait sur tout les bénéfices; il est l´homme du coffre-fort, comme ceux justement que le peuple considère. En tant qu´individu, il correspond au régime de l´oligarchie, n´est-ce pas?

Adimante– Je pense: c´est l´argent qui passe avant tout, dans la cité oligarchique comme chez notre homme.

Moi– Je ne crois pas que l´éducation l´ait bien préoccupé.

Adimante– Non, sans doute. Sinon, ce ne serait pas l´Aveugle qui mènerait le branle du fait de notre oligarche. Il l´estime tellement.

Moi– Très bien. Mais attention: comme des bourdons, les désirs ont accompagné en lui le manqué d´éducaction. Nous devons dire qu´ils l´habitent, les uns en simples mendiants, les autres en malfaiteurs, simplement contenus par les vigiles musclés don’t dispose en fonction d´autres impératifs une bonne surveillance.

Adimante– Certes.

Moi– On voit bien par là ce qu´il en est dans les autres engagements de notre oligarche, où il y gagne l´estime par une apparence de justice. Il est rangé; il prend sur lui pour contenir gentiment à la force du poignet les autres désirs pervers qui l´habitent. Mais il n´arrive pas à leur faire croire qu´il n´ y a pas mieux à faire , ni a les calmer par raison: c´est la nécessité et la peur qui agissent, car sa fortune, au demeurant, lui donne assez d´angoisses.

Adimante– Bien sûr.

Moi– Mais, grande Dieu, cher ami, la plupart des ges de ce modèle se révéleront dans les dépenses publiques: tu pourras alors voir ces bourdons qui les hantent-à savoir leurs désirs.

Adimante– Et là, pour de bon.

Moi– Bien entendu, un tel être connaîtra les divisions intestines: au lieu d´un individu, il será doublé. Mais, désirs contre désirs, mettons que chez lui la victoire aille aux bons et que les mauvais soient battus.

Adimante– Cela arrive

Moi– Alors, le personnage oligarchique será plus presentable que tant d´autres. Mais, s´il est vrai qu´elle est due à la cohesion mentale, fruit d´une harmonie bien établie interieurement, l´excellence veritable restera fort éloignée de lui.

Adimante– Je le crois

Moi– s´il faut relever un défi avec des particuliers de sa ville, notre chevalier de l´ épargne sera plutôt chiche, qu´il s´agisse d´une victoire ou d´une belle ambition. Son argent le retiendra: la gloire et les jouets glorieuses  ne valent pas qu´il le dépense. Il aura peur que le désir de la dépense précisément ne se réveille et ne vienne à la rescousse de la pugnacité et du gout des victoires. C´est avec peu de chose de son apport personnel qu´il fait la guerre, en bon “gouvernement du peu” qu´il est, en bon oligarche. Le plus souvent il a le dessous, mais il est riche…

Jacques Cazeaux

L´oligarche est un ancien “ami de l´honneur”. En lui sommeille la volonté de briller, de vaincre, donc. Ravalé au pouvoir du désir inférieur , du désir de l´argent, couplé á une certaine prodigalité des biens d´autrui, il est exposé á une manoeuvre de cette dernière passion, qui imite la largesse: sous couleur de gloire… dépensons…même notre propre bien. La dualité du personnage risque de se rétourner contre lui, contre son caractère même “ oligarchique”. Le contexte de lutte, d´émulation et finalement de guerre conduit l´individu oligarchique au dernier vice de la cité oligarchique, la parcimonie désastreuse dans la guerre elle-même.

Anuncios

The rotation ( Plato´s “Republic” 519) // La rotation ( “La République” de Platon 519)

septiembre 9, 2016 Deja un comentario

Resultado de imagen de turn-around

Me– However our discussion suggests that this faculty (knowledge) is already in every individual soul. And this organ, which enables us to learn, is much like the eye, incapable of turning towards brightness from darkness without the support of the whole body; the entire soul accompanies also this inner organ, abandoning the passing world thanks to a sort of rotation that makes accessible everything that exists and shines in the brightest light , which now the soul is capable of bearing. We are talking about  Good, aren´t we?

Glaucon– Yes

Me– Yet, in order for this turn-around to be easy and effective it´s necessary to be skilful in making the rotation. It´s not a question of letting in the sense of sight since this is, albeit askew, already at work in the individual that possesses it. Handiness is needed.

Glaucon– Absolutely

Me– As to the other perfections, the so-called virtues of the soul, they may indeed be like those of the body. If they are missing at the beginning, they can be introduced by means of regular exercise. But the faculty of knowledge belongs, apparently, to a godly reality whose essential activity never perishes: depending on the rotation, it may end up being helpful and useful or useless and harmful. You must have noticed the existence of mischievous people that are, for that matter, pretty smart. The piercing sight of their souls follows straightaway the direction signaled by their perversions. Precisely because it´s not a question of short-sightedness, the better they see , the more harm they do.

Resultado de imagen de retournement

Moi– Mais notre discussion suggère bien que cette faculté (la connaissance) se trouve déjà en toute âme individuelle. Et cet organe par où chacun réussit à apprendre ressemble à l´oeil, incapable sans l´accompagnement du corps tout entière de se tourner vers la clarté à partir d´un monde obscure; l´âme toute entière accompagne aussi cet organe interieur, en laissant le monde du devenir pour opèrer une sorte de rotation , jusqu´au moment où ce qui a l´existence et même ce qui y brille de la plus grande clarté lui seront accesibles, et qu´elle pourra désormais en supporter la vision- Il s´agit por nous du Bien, n´est-ce pas?

Glaucon– Oui

Moi-Or, c´est là qu´il faut un art de la rotation qui donne facilité et efficacité à ce retournement. Il ne s´agit pas d´introduire le sens de la vue; il faut, puisque l´individu l´a déjà, mais qu´il est simplement orienté de travers et qu´il ne regarde pas la bonne direction, il faut avoir le coup de main.

Glaucon-Évidemment.

Moi– Sans doute les autres perfectionnements intérieurs qu´on peut ainsi designer ont-ils de chances d´être en assez proche parallèle avec les perfectionnements physiques: certes, s´ils font défaut à l´origine, on peut les introduire en pregnant le pli à coup d´exercices. Mais la faculté de réflexion appartient á une réalité autrement divine, de toute évidence, dont l´activité essentielle ne déperit jamais: seulement, la rotation envisagée la rendra utile, interessante- et inutile, tout aussi bien, voire nuisible. Tu l´as remarqué, on entend parler d´individus mailfaisants, mais fort avisés, du reste. Leur semblant d´âme possède un regard aceré, une vue perçante portant dans la direction qui est ce qu´elle est: ce n´est pas que leur sens de la vue soit indigent, mais il est contraint à l´esclavage de la perversion, et, en fin de compte, mieux on y voit, et plus grand est le mal qu´on fait concrètement

Categorías:English, French, Platón

L´Entrepôt

Jeudi matin. Rendez-vous à 10:30 dans le village de Humanes. Mission: déloger paisiblement le locataire et réussir à ce qu´il signe la fin du contrat de location.

Ce n´était pas du tout la première fois que j´y allais.

Depuis six années, peu après l´éclatement de la bulle immobilière en Espagne, j´avais commencé à me rendre vers ce batîment industriel dans le sud de Madrid tous les trois mois à peu prés.

Je me souviens encore de l´agent immobilier qui, parmis tous les entrepôts vides dans cette zone industrielle dévastée par la crise, avait réussi à louer le notre à ces maghrébins en ajoutant un dépôt de garantie de six mois de loyer. Trés recemment j´avais appris au téléphone qu´il avait un cancer en phase terminale.En raccrochant  je ne pus que ressentir un bref déchirement dans mon coeur.

Le batîment en question était ancien. Il consistait en un hangar sans piliers rempli , en l´ocurrence, des vêtements usés que le locataire marocain entaissait pour les faire transporter après au Maroc. Même les deux petits bureaux étagés à droit de l´entrée se trouvaient à ce moment là remplis des manteaux, robes, gabardines, tongs et tissus usés en tout genre.

Au cours de cette periode j´avais connu plusieurs Mohameds, aussi  un Ayed , qui était  le cousin d´un d´entre eux et  même un  Mimon, qui était  à son tour, le chauffeur et, soi-disant, domestique d´un des  Mohameds , qui l´avait quitté il y a un an por déménager, je suppose d´aprés ce que Mimon me disait, aux Pays Bas. Tous ou presque tous étant originaux de la ville de Nador dans le nord de Maroc.

Pendant tout le temps du contrat, non sans peine et avec des efforts et du retard, j´avais pu toucher le montant du loyer jusqu´au jour où l´un des Mohammeds, le jeune locataire, eut un accident de voiture pendant ses vacances au Maroc.

Le regard perdu, une blessure à la tête et visiblement amaigri après avoir lutté contre la mort, Mohammed  était cependant là, bien present parmi nous, autour de cette table située en plein milieu du hall de l´entrepôt.

L´entrepôt appartenait à ma famille et j´étais là pour défendre ses intêrets. En même temps ma conscience réveillée par la signature imminente de la fin du contrat retenait d´autant plus mon attention surs ces gens qui m´entouraient; tous ces inconnus avec lesquels j´avais fini par tisser des liens sinon affectifs assez singuliers pour m´éloigner de l´entourage auquel j´appartenait et au nom duquel j´agissait.

Dès lors une espèce de voyage  s´ensuivit lorsque je les entendis parler entre eux en arabe, lorsque je m´égarai en essayant de comprendre quelques uns de leurs gestes, lorsque je rémarquai avec effroi le visage de l´un d´entre eux semblable à celui d´un géant aux sourcils épais qui se réjoignaient. C´est alors qu´Ayed traita d´africain un jeune noir qu´il venait d´appeler pour qu´il l´aide le week-end à donner le dernier coup de balai.

En fixant mon regard sur chacun de ces hommes j´arrivai à coincilier la mélancholie qui se dégagait des adieux avec la signature formelle du document que je portais dans ma valise, comme s´il avait déjà quelque chose qui nous rattachait à jamais dans le fait même de nos noms écrits à l´encre sur le papier.

Même aprés la signature et avoir apris quelques jours plus tard lors d´ une inspection plus en détail du batîment que les locataires  firent un trou dans le sol pour cacher ceux d´ entre eux qui étaient sans-papiers, je ne pus pas me défaire de la sensation douce-amère d´avoir laissé derriere moi, non un entrepôt quelconque, mais un monde et un temps révolus, une partie de moi- même, qui  encore en train de se déchirer,  ne fut rien d´autre qu´un tissu frágile que la vie avait entreposé dans mon coeur.

 

 

“The Skeptic doesn´t go beyond the standpoint of Understanding and this will make him fail.” (extract from Alexandre Kojève´s Work “Introduction to the reading of Hegel”) P 63 // “Le Sceptique ne dépasse pas le point de vue de l´Entendement, du Selbstbewusstsein. C´est ce qui fera son échec.” P 63

The negation of the Skeptic is purely theoretical (a polemic against science). It implies “nihilism”, which can be realized theoretically. The Self can be thought without thinking the external world: therefore the latter can be destroyed without destroying oneself- at least through and by thought. Stoicism, let it be reminded, is the attitude of the Slave that works but doesn´t fight. It´s about thought (born out of work) not about effective action or fight against the Master. The critic of the Skeptic will destroy Understanding. Yet Skepticism is at the same time the radical assertion of Understanding´s abstract dualism: Man opposes the World like Being opposes Emptiness. For Hegel, Man is something other than the World (Nature)

Inasmuch as he is action (that is, void that voids the given being of Nature and negates it through fight and work realizing itself through and by this negation) Man differs radically from the external natural world. But obviously his activity has only human value as long as it´s thought, conscious (which it can only be in so far as it truly negates). There are incidentally different degrees of conscience: Sensation, Perception, Understanding, Reason ). The skeptical attitude is only made possible by the existence of the Slave (the action of his work): yet it´s necessary that the Stoic thinks out this existence in order for it to be truly human. And, as human, it is firstly the existence of the Skeptic- Nihilist.

The thought of the Stoic is in the things (Nature, Science). It couldn´t negate these things. It couldn´t negate these things without destroying itself. The thought of the Skeptic, on the contrary, turned towards itself, can negate these things. It thinks out just one real thing and this thing is human: It´s the work (of the Slave)

Here Hegel writes: Denken = Infinity. It´s the “bad infinity”, that of mathematics. Every number there is equivalent to zero. The thought of the Skeptic is infinite because it negates every determination. For Hegel, Man is not what he is but what he can be through the negation of what he is. Herein the Negativity of Man is revealed by the Skeptic. It´s in this way that the idea of freedom penetrates philosophy. Yet the Skeptic can not negate his own given nature, that is, his servile position in the Master´s world- by taking an action in this world, that is, by fighting against the Master in view of acknowledgement. Herein the negation is still theoretical, mental.

The Skeptic doesn´t go beyond the standpoint of Understanding and this will make him fail.

La négation du Sceptique est purement théorique (une polemique contre la science). Elle implique le “nihilisme” que l´on peut réaliser théoriquement. On peut penser le Moi sans penser le monde extérieur: on peut donc détruire celui-ci sans se détruire soi-même- du moins dans et par la pensée. Le Stoïcisme , rappelons-le, c´est l´attitude de l´Esclave, qui travaille mais ne lutte pas. Il s´agit donc de pensée ( née du travail), non d´action effective, de lutte contre le Maître. Le Verstand será détruit par la critique sceptique. Mais le Scepticisme est en même temps l´affirmation radicale du dualisme abstrait du Verstand: l´Homme s´y oppose au Monde comme l´être au néant. Pour Hegel, l´Homme est effectivement “autre chose” que le Monde (Nature).

Il diffère radicalement du monde extérieur naturel, dans la mesure où il est action ( c´est-à-dire si l´on veut: néant qui néantit dans l´être donné de la Nature, en le niant par la lutte et le travail et en se réalisant dans et par cette négation). Mais naturellement son activité n´a de valeur humaine qu´en tant qu´elle est pensée, consciente ( ce qu´elle n´est qu´en tant que vraiment négatrice). Il y a d´ailleurs des dégres de conscience: Sensation, Perception, Entendement, Raison.) L´attitude sceptique n´est posible que par l´existence de l´Esclave (l´action de son travail): mais il faut que le Stoïque ait pensé cette existence, pour qu´elle soit vraiment humaine. Et en tant qu´humaine, elle est, d´abord, celle du Sceptique-Nihiliste.

La pensé du Stoïque est dans les choses (Nature, Science). Elle ne pourrait nier ces choses. Elle ne pourrait nier ces choses sans se détruire elle même. La pensé du Sceptique, par contre, qui est tournée vers elle-même, peut nier ces choses. Elle pensé une seule chose réelle; et cette chose est humaine, c´est en fait le travail ( de l´Esclave).

Ici Hegel écrit: Denken = Infini. C´est le “mauvais infini”, celui des mathématiques. Tout nombre y est équivalent à zéro. La pensée du Sceptique est “infinie” parce qu´elle nie toute détermination. Pour Hegel, l´Homme n´est pas seulement ce qu´il est, mais ce qu´il peut être, en niant ce qu´il est. La Négativité de l´Homme est ici révelée par le Sceptique. Et c´est ainsi que l´idée de liberté pénètre dans la philosophie. Seulement le Sceptique ne peut nier effectivement sa propre nature donnée, c´est-à-dire sa place servile dans le monde du Maître-par une action dans ce monde, c´est-à-dire par une lutte contre le Maître en vue de la reconnaissance. Ici, la négation est toujours théorique, mentale.

Le Sceptique ne dépasse pas le point de vue de l´Entendement, du Selbstbewusstsein. C´est ce qui fera son échec.

“Don´t be what you are, be the opposite of what you are” (extract from Alexandre Kojève´s Work “Introduction to the reading of Hegel”) P 65 // “ Ne sois pas ce que tu es, sois le contraire de ce que tu es” ( extrait de l´oeuvre d´Alexandre Kojève “Introduction à la lecture de Hegel”) P 65

Understanding considers objects isolated from each other, isolated from everything surrounding them, irrespectively of the subject. It considers, thus, “abstract objects”. This is the approach of “vulgar”, official” science. It´s also the approach of the Stoic, who isolates himself from external reality and withdraws into himself. It´s likewise the approach of the theological morality based on definitive data ( moral judgements are like objects  that are isolated from -and -imposed on Man). (Aristotelian) idea of the innate natures (of Master and Slave). Ancient morality: Man has to realize an “ideal”(given, eternal) within the material world: Become what you are. According to Hegel, this ancient morality is false, because Man doesn´t have an eternal, immutable, “nature”, given once and for all. The Sceptic denies the very principle of the heathen morality ( still sensualist): he´s already beyond paganism, he prepares the coming of Judeo-Christianity.

A Hegelian morality could have another commandment: Don´t be what you are, be the opposite of what you are (Transform yourself, become a “new” Man). There is no moral philosophy in Hegel (He is hostile towards moralists); just a philosophy of morality. Sole axiom: the individual has to live according to the mores and customs of his people ( as long as the  mores of this people correspond to the “Zeitgeist”, that is to say, as long as they are solid, resistant to revolutionary attacks and critics). Otherwise, the individual perishes as a criminal or a madman. The Sceptic is already conscious of himself as opposed to Nature: he has the subjective certainty of his freedom, that is, of his non-natural existence.

The Sceptic reveals fully the Negativity of action.

That which makes up its anthropogenic value is the fact that action is the negation of the given, of Nature, of the “innate character”.  Action lies at the root: Man is action.

L´entendement envisage les objets isolés les uns des autres, isolés de leur entourage et indépendamment du sujet, donc des objets “abstraits”. C´est l´attitude de la Science “vulgaire”, officille”; c´est aussi celle du Stoïque, qui s´isole de la réalité extérieure et s´enferme en lui-même, et c´est également celle de la morale théologique, qui se base sur des données définitives ( les jugements moraux sont comme des objets isolés de l´homme et imposés à l´homme). Idée (aristotélicienne) des natures innées ( du Maître et de l´Esclave). Morale Antique: l´homme doit réaliser un “idéal” (donné, éternel) dans la matière: Deviens ce que tu es. Cette morale antique est fausse, d´après Hegel, car l´homme n´a pas de “nature” éternelle, immuable, donnée une fois pour toutes. Le Sceptique nie le principe même de la morale païenne de l´Entendement (encore sensualiste): il dépasse déjà le paganisme, il prépare l´avènement du judéo-christianisme.

La morale hégélienne pourrait avoir un autre commandement: Ne sois pas ce que tu es, sois le contraire de ce que tu es. (Convertis-toi: deviens un homme “nouveau”). Il n´y a pas de philosophie morale de Hegel ( qui est hostile aux moralistes); seulement une philosophie de la morale. Seul axiome: l´individu doit vivre conformement aux moeurs et aux coutumes du peuple dans lequel il vit ( tant que les moeurs de ce peuple corresponden t au Zeitgeist, c´est –à-dire tant qu´elles sont “solides”, resistent aux critiques et aux attaques révolutionnaires). Sinon il perit: comme criminel ou fou. Le Sceptique a déjà conscience de soi en tant qu´Homme opposé à la Nature: il a la certitude subjective (Gewissheit) de sa liberté, c´est-à-dire de son existence non-naturelle.

Le Sceptique révèle pleinement la Negativité de l´action.

Ce qui fait la valeur anthropogène de l´action, c´est qu´elle est négation du donné, de la Nature, du “caractère inné”. La base, c´est l´action: l´Homme est action

La douceur de la moquette

Il est là, au milieu de l´obscurité de cette chambre que lui rappelle étrangement le salon de son enfance. La moquette bleue et molle sous ses chaussures, le style des meubles remplissant la pièce, la masse obscure de la télé au fond, même la vue des fenêtres s´ouvrant sur la nuit lourde, tout cela lui semble être trop familier pour la tâche dont il s´occupe maintenant. Une tâche qui s´avère plus difficile qu´il ne le pensait…Le corps de la personne qu´il était chargé de tuer est lourd et il ne voit pas comment il pourra le traîner jusqu´au coffre de la voiture.

La tâche l´enerve. Il arrête et pousse un soupir. Il bouge les orteils dans ses chaussures. Il ressens à nouveau la douceur de la moquette. Il regarde au sol ses chaussures. Puis la télé. Il a  envie de l´allumer. Il l´allume en fait. Sur l´écran un film montre le corps d´un enfant allongé sur la moquette regardant la télé.

Stupéfait, il l´éteint. Encore troublé par ce qu´il vient de voir, il s´efforce à se concentrer sur sa mission. Trempé de sueur, il arrive à mettre le cadavre dans la voiture.

Il démarre. Les yeux fixés sur le pare-brise, il se plonge dans un ètat presque hypnotique qui l´amène à evoquer des images comme si les fenêtres de sa voiture étaient un écran auquel il se heurtait malgré lui.

L´image d´un enfant allongé sur une moquette molle regardant la télé semble défiler sur le pare-brise. Un plan de plus en plus général cadre l´image jusqu´ à ce qu´un salón étrangement resemblant à celui où il a commis son crime surgisse dans le pare-brise.

Sur le point de perdre le contrôle du vehicule, il croit entendre le cris d´un enfant l´appellant depuis le passé. Grâce á un réflexe salutaire ,son attention est reprise par la conduite. Ensuite il voit un panneux de signalisation sur la route indiquant le nom d´un village qui lui est familer.

Aussi familier que la chambre où il avait tué la personne qu´il portait dans le coffre de la voiture et que l´enfant dont le cris résonnait encore dans sa tête.

<< “Koldo” était le surnom que ses amis lui avaient donné>> se rappele-t-il en cet instant amèrement. << “Koldo”, ce même gars qu´il avait croisé un jour dans un rêve se déroulant à la télé dans le salon de ses parents et avec qui la brouille avait continué jusqu´au jour de son assassinat>>

Alors il comprit qu´il était en route pour enterrer “Koldo” dans le lieu de sa naissance.

Avant qu´il n´y soit arrivé, il s´avéra que le bruit qu´il avait cru entendre ne correspondait pas au cris lointain d´un enfant, mais aux plaintes étouffées de “Koldo” encore vivant et aux coups que celui-ci donnait en désespoir de cause dans le coffre de la voiture.

Il n´hésita pas.

Il s´arrêta sur le bas-côté, ouvrit le coffre et, avec son revolver, lui donna le coup de grâce.

Puis il accelèra jusqu´à atteindre la mer.

Depuis une falaise il y jeta le cadavre avec une animosité encore surprenante pour les spectateurs de la série-télé dont il était l´acteur principal.

A dialectical pedagogy or a pedagogical dialectic (extract from Alexandre Kojève´s “Introduction to the reading of Hegel”)  // Une dialectique pédagogique ou une pédagogie dialectique extrait de l´oeuvre “Introduction à la lecture de Hegel” d´Alexandre Kojève)

The dialetical speech of the Philosopher that reveals his change, reveals therefore a progress. And since every revealed progress has a pedagogic value, it can be said, to sum up, that every Philosophie is necessarily (as Plato very well understood) a pedagogic dialectique or a dialectical pedagogy that starts from the first question relative to the existence of him who posed it and results finally, at least in principle, in Wisdom, that is, in the answer (if only virtual) to all the possible questions.

Le discours dialectique du Philosophe qui révèle son changement, révèle donc un progrès. Et puisque tout progrès révélé a une valeur pédagogique, on peut dire, en résumant, que toute Philosophie est nécéssairement (comme l´a très bien vu Platon) une dialectique pédagogique ou une pédagogie dialectique, qui part de la première question relative à l´existence de celui qui la pose et qui aboutit finalement, du moins en principe, á la Sagesse, c´est-à-dire-à la réponse (ne serait-ce que virtuelle) à toutes les questions posibles.