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La douceur de la moquette

Il est là, au milieu de l´obscurité de cette chambre que lui rappelle étrangement le salon de son enfance. La moquette bleue et molle sous ses chaussures, le style des meubles remplissant la pièce, la masse obscure de la télé au fond, même la vue des fenêtres s´ouvrant sur la nuit lourde, tout cela lui semble être trop familier pour la tâche dont il s´occupe maintenant. Une tâche qui s´avère plus difficile qu´il ne le pensait…Le corps de la personne qu´il était chargé de tuer est lourd et il ne voit pas comment il pourra le traîner jusqu´au coffre de la voiture.

La tâche l´enerve. Il arrête et pousse un soupir. Il bouge les orteils dans ses chaussures. Il ressens à nouveau la douceur de la moquette. Il regarde au sol ses chaussures. Puis la télé. Il a  envie de l´allumer. Il l´allume en fait. Sur l´écran un film montre le corps d´un enfant allongé sur la moquette regardant la télé.

Stupéfait, il l´éteint. Encore troublé par ce qu´il vient de voir, il s´efforce à se concentrer sur sa mission. Trempé de sueur, il arrive à mettre le cadavre dans la voiture.

Il démarre. Les yeux fixés sur le pare-brise, il se plonge dans un ètat presque hypnotique qui l´amène à evoquer des images comme si les fenêtres de sa voiture étaient un écran auquel il se heurtait malgré lui.

L´image d´un enfant allongé sur une moquette molle regardant la télé semble défiler sur le pare-brise. Un plan de plus en plus général cadre l´image jusqu´ à ce qu´un salón étrangement resemblant à celui où il a commis son crime surgisse dans le pare-brise.

Sur le point de perdre le contrôle du vehicule, il croit entendre le cris d´un enfant l´appellant depuis le passé. Grâce á un réflexe salutaire ,son attention est reprise par la conduite. Ensuite il voit un panneux de signalisation sur la route indiquant le nom d´un village qui lui est familer.

Aussi familier que la chambre où il avait tué la personne qu´il portait dans le coffre de la voiture et que l´enfant dont le cris résonnait encore dans sa tête.

<< “Koldo” était le surnom que ses amis lui avaient donné>> se rappele-t-il en cet instant amèrement. << “Koldo”, ce même gars qu´il avait croisé un jour dans un rêve se déroulant à la télé dans le salon de ses parents et avec qui la brouille avait continué jusqu´au jour de son assassinat>>

Alors il comprit qu´il était en route pour enterrer “Koldo” dans le lieu de sa naissance.

Avant qu´il n´y soit arrivé, il s´avéra que le bruit qu´il avait cru entendre ne correspondait pas au cris lointain d´un enfant, mais aux plaintes étouffées de “Koldo” encore vivant et aux coups que celui-ci donnait en désespoir de cause dans le coffre de la voiture.

Il n´hésita pas.

Il s´arrêta sur le bas-côté, ouvrit le coffre et, avec son revolver, lui donna le coup de grâce.

Puis il accelèra jusqu´à atteindre la mer.

Depuis une falaise il y jeta le cadavre avec une animosité encore surprenante pour les spectateurs de la série-télé dont il était l´acteur principal.

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