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Desire ( extract from Alexandre Kojeve´s work “Introduction to the Reading of Hegel” // Désir ( extrait de l´oeuvre “ Introduction à la lecture de Hegel” par Alexandre Kojève

 

Indeed we all know that the man that contemplates one thing willing to see it as it is without changing anything in it, is absorbed, as it were, by his contemplation , that is to say, by the  thing. This man forgets himself, he doesn´t think but of the thing he is contemplating: he doesn´t think of his contemplation and even less of himself, of his “Self”, of his Selbst. He is all the more unconscious of himself as he is conscious of the thing. He may talk about the thing but he´ll never talk about himself: in his speech the word “I” won´t appear.

In order for this word to appear, there must be something else other than purely passive contemplation that reveals just Being. And this something else is, according to Hegel,  Desire,  Begierde, of which he talks at the beginning of Chapter IV.

Indeed, when Man desires, when he is hungry, for instance, and wants to eat and he is conscious of it, he is necessarily conscious of himself. Desire reveals itself always as “my desire” and in order to reveal desire the word “I” is needed. Man may well be absorbed by his contemplation, the moment the desire of the thing arises, he is immediately recalled to himself. Hence he sees that together with the thing there´s also its contemplation, that there is also him, who is not the thing. And the thing will appear to him as an “object” (Gegen-Stand), as an external reality that it is not in him, that it is not him but a non-I.

Thus it´s not purely cognitive and passive contemplation that forms the basis of Self-consciousness, that is, of real human existence (and , thus, ultimately, of philosophical existence) but Desire ( And , incidentally ,that´s why human existence is only possible  where there´s something called Leben, biological, animal life as there´s no Desire without Life)

However, what else is Desire- one has just to think of the desire called “hunger”,- if not the  desire to transform through action the thing that is being contemplated, to suppress it in its being, which has no relation to mine and is independent from me, negate it in this its independence and assimilate it into me, making it mine, absorbing it through and into my “Self”? So that there is Self-consciousness and, as a result, philosophy, there must exist in Man not just positive, passive contemplation that reveals only given Being . It´s necessary for the human “Self” to be a “ desiring self”, that is, an active Self, a negating Self, a Self that transforms  Being, that creates a new Being through the destruction of the given.

Yet, what is that “desiring Self”- that “Self” of the hungry man, for instance- if not a void eager to be filled, a void that wants to get filled by what is full, to get filled by emptying that fullness and to put itself-once filled- in the place of that fullness, to occupy through its fullness the void made out of the suppression of the fullness that wasn´t his?- Thus, overall speaking: if true (absolute) philosophy  is not ,like the kantian and pre-kantian, a philosophy of conscience but a philosophy of Self-consciousness, a self – conscious philosophy giving account of itself, justifying itself, knowing itself as absolute and revealing itself as such to itself, the philosopher, Man in the deepness of his being, must be not only passive and positive contemplation but also active and negating desire.

But ito be such a desire, Man cannot be a Being that simply is, that is eternally identical to itself, a self-sufficient Being. Man must be a void, a nothingness that is not pure nothingness, reines Nichts, but something else that exists inasmuch as it annihilates Being in order to realize itself at the expense of it. Man is the action that negates, that transforms given Being and  transforms himself while transforming it. Man is what he is insofar as he turns into it: his true Being (Sein) is Becoming (Werden), Time, History and Man doesn´t become, Man isn´t History but in and through the Action that negates the given, the Action of fighting and work- of the work that will eventually produce the table , on which Hegel writes his PhG and of the fighting that will eventually be the battle of Jena , whose noises he hears while writing the PhG. And that´s why Hegel when answering to “who am i?” has taken into account both this table and these noises.

There is no human existence without Conscience and Self-consciousness, that is, without revelation of Being through Word and without revealing Desire that creates the Self. That´s why, within the PhG, that is, the phenomenological anthropology, the elementary possibility of the revelation of the given Being through the Word (implied by the sensible Certainty) on the one hand and, on the other, the Action destroying or negating the given Being (that arises from and through Desire) are two irreducible data, which the PhG presupposes as premises. Still these premises are not sufficient.

En effet, nous savons tous que l´homme qui contemple avec attention une chose, qui veut la voir telle qu´elle est, sans rien y changer, est “absorbé”, comme on dit, par cette contemplation, c´est-à-dire, par cette chose. Il s´oublie, il ne pense qu´à la chose contemplée: il ne pense ni à sa contemplation, ni, encore moins, à soi-même, à son “Moi”, à son Selbst. Il est d´autant moins conscient de soi qu´il est plus conscient de la chose. Il pourra parler peut-être de la chose, mais il ne parlera jamais de lui-même: dans son discours le mot “Je” n´interviendra pas.

Pour que ce mot apparaisse il faut donc qu´il y ait autre chose encore que contemplation purement passive, uniquement révélatrice de l´Être. Et cet autre chose est, d´après Hegel, le Désir, la Begierde, dont il parle au début du Chapitre IV.

En effet, lorsque l´homme éprouve un désir, losrqu´il a faim, par exemple, et veut manger, et lorsqu´il en prende conscience, il prend nécessairement conscience de soi. Le désir se révele toujours comme mon désir, et pour révéler le désir, il faut se servir du mot “Je”. L´homme a beau être “absorbé” par sa contemplation de la chose; au moment où naît le désir de cette chose, il será immédiatement “rappelé à soi”. Du coup, il verra qu´en plus de la chose, il y a encore sa contemplation, qu´il y a encoré lui, qui n´est pas cette chose. Et la chose lui apparaît comme un “objet” (Gegen-Stand), comme une réalité exterieure, qui n´est pas en lui, qui n´est pas lui, mais un non-Moi.

Ce n´est donc pas la contemplation purement cognitive et passive qui est à la base de la Conscience- de- soi, c´est-à-dire de l´existence vraiment humaine (et donc-en fin de compte- de l´existence philosophique) mais le Désir. (Et c´est pouquoi, soit dit entre parenthèses, l´existence humaine n´est possible que là où il y a ce quelque chose qu´on appelle Leben, vie biologique, animale. Car il n´y a pas de Désir sans Vie)

Or, qu´est-ce que le Désir- on n´a qu´à penser au désir apppelé “faim”,- sinon le désir de transformer par une action la chose-contemplée, la supprimer dans son être qui est sans rapport avec le mien, qui est indépendant de moi, la nier dans cette sienne indépendance, et l´assimiler à moi, la faire mienne, l´absorber dans et par mon Moi?. Pourqu´il ait Conscience-de-soi, et par suite, philosophie, il faut donc qu´il y ait dans l´Homme non pas seulement contemplation positive, passive, uniquement, révélatrice de l ´être donné. Il faut que le Moi humain soit un Moi du Désir, c´est-à –dire un Moi actif, un Moi négatuer, un Moi qui transforme l´Être, qui crée un être nouveau en détruisant l´être donné.

Or, qu´est-ce que le Moi du Désir-le Moi de l´homme affamé, par exemple, sinon un  vide avide de contenu, un vide qui veut se remplir par ce qui est plein, se remplir en vidant ce plein, se mettre-une fois rempli- à la place de ce plein, occuper par son plein le vide formé par la suppression du plein qui n´était pas sien?- Donc, d´une manière générale: si la philosophie véritable (absolue) est, non pas comme la philosophie kantienne et pré-kantienne, une philosophie de la Conscience, mais une philosophie de la Conscience-de-soi, une philosophie consciente de soi, rendant compte d´elle-même, se justifiant elle même, se sachant être absolue et se révélant comme telle elle-même à elle-même, il faut que le Philosophe, il faut que l´Homme soit dans le fond même de son être, non pas seulement contemplation passive et positive, mais encoré Désir actif et négateur.

Or, pour pouvoir l´être, il ne peut pas être un Être qui est, qui est éternellement identique à lui-même, qui se suffit à soi- même. L´homme doit être un vide, un néant, qui n´est pas néant pur, reines Nichts, mais quelque chose qui est dans la mesure où il aneántit l´Être, pour se réaliser à ses dépens et néantir dans l´être. L´Homme est l´action négatrice, qui transforme l´Être donné et qui se transforme elle-même en le transformant. L´Homme n´est ce qu´il est que dans la mesure où il le dévient; son Être (Sein) vrai est Dévenir (Werden), Temps, Histoire, et il ne dévient, il n´est Histoire que dans et par l´Action négatrice du donné, l´Action de la Lutte et du Travail- du Travail qui produira finalement la table sur laquelle Hegel écrit sa PhG, et de la Lutte qui será en fin de compte cette bataille d ´Iéna dont il entend les bruits en écrivant la PhG. Et c´est pourquoi, en répondant au “que suis-je’”, Hegel a dû tenir compte tant de cette table que de ces bruits.

Il n´y a pas d´existence humaine sans Consciene ni sans Consciene-de-soi, c´est-à-dire, sans révélation de l´Être par la Parole et sans Désir révélateur et créateur du Moi. C´est porquoi, à l´interieur de la PhG, c´est-à-dire de l´anthropologie phénomenologique, la possibilité élémentaire de la révélation de l´Être donné par la Parole (impliquée dans la ·Certitude sensible) d´une part, et d´autre part, l´Action destructive ou négatrice de l´Être donné ( qui naît du et par le Désir), sont deux données irreductibles, que la PhG présuppose comme ses prémisses. Mais ces prémises ne suffisent pas.

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