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Fin et dernière partie de l´essai du mélo épistolaire: la lettre d´ Olympia, l´intruse

Chère Vivian,

J´ai beaucoup hesité avant de t´écrire cette lettre. La vie est parfois injuste et nous soumet à tels déchirements qu´on a du mal à éclaircir le vrai rapport entre notre présent et notre passé.

Trés récemment, pourtant, le passé, notre passé, le passé de nous trois a jailli dans mon présent ici à Boston d´une façon tortueuse et inattendue.

Clark est blessé et en prison.

Oui, je parle de Clark Gable, notre voisin à Savannah, ce gamin avec lequel nous nous amusions en jouant à cache-cache sur la plage quand nous étions petits.

Il se trouve que Clark est devenu prisonnier, prisonnier, de surcroît, de mon père, nommé lieutenant-colonel de l´armée du Nord peu après du déménagément de ma famille vers Massachussetts.

Dans le tiroir du bureau de mon père j´ai trouvé avant-hier une lettre que Clark aurait voulu t´écrire depuis le champ de bataille. Une lettre d´amour.

Malgré tous mes efforts pour ne pas croire ce qui était écrit, le ton, l´élan, le courage qui se dégagait de chaque mot m´ont finalement amené à admettre qu´il s´agîssait de notre Clark- le tien, aparamment, plus que le mien, à vrai dire.

Ce jeune costaud et impulsif dont – il s´est averé aprés coup-les deux étions sécrétement amoureux , est sorti grâce à cette lettre que l´hasard a fait tomber entre mes mains, d´un temps que j´avais presque entièrement oublié. Retournant alors depuis les rivages de Lethé, un type passionel de mâle s´est soudainement dressé dans ma mémoire pour me rappeller ce qui ici à Boston si cruellement  me manquait. En lisant, comme une intruse sans conscience de l´être, ces lignes adressées à toi, Vivian, j ´ai pu ressentir l´aiguillonnement du premier amour surmontant le naufrage de l´oubli.

Or, ne t´inquiete pas car je guerirai avec tendresse les blessures de Clark et, cela fait, ma chère et ancienne rivale, je chercherai avec encore plus de tendresse á le rendre véritablement libre auprés de moi. Son naturel sudiste et un tant soit peu déréglé accordera aux moeurs bourgeoises de ce Nord sans esclaves un brin d´excitation qui me sauvera de l´ennui où j´étais jusqu´ici plongée.

 

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