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Le long d´un quai sans issue

Sous la lumière crépusculaire, après s´être promené le long d´un quai sans issue, l´homme s´arrête et commence à se parler à soi – même.

L´homme pense à lui, à sa vie. Il essaie d´en tirer le bilan. En serrant les yeux de toutes ses forces il tente d´arriver à une conclusion. En vain. Il a beau réflèchir, la faute s´emparant de lui procure à sa pensée une rigidité douloureuse.

L´homme venait de recevoir une saisie conservatoire du tribunal. C´était un cas judiciaire dont il se croyait délivré aprés tout ce temps passé.

Les documents, soigneusement pliés dans sa petite valise, temoignaient, pourtant, que la faute était toujours là. “Saisi par son passée” ce fut la façon dont l´homme se racontait d´abord sa situation, condamné à répéter le même parcours qu ´auparavant, comme s´i y il avait vraiment un chatîment qu´il meritait.

Au bout du quai sans issue ,  se parlant toujours à soi même, l´homme ne regardait pas l´eau en face de lui. Il avait même oublié ces mots de Pascal, cet homme qu´il estimait tant:

“L´homme est ainsi fait qu´à force de lui dire qu´il est un sot, il le croit; et à force de se le dire à soi- même on se le fait croire, car l´homme fait lui seul une conversation interieure qu´il importe de bien régler”

Tout d´un coup l´homme ouvre les yeux.

En sécouant son corps pour se débarraser de l ´étourdissement où il ètait plongé, il croit d´emblée entendre les mots de Pascal lorsqu´ils sortaient de la bouche d´une mouette don’t le bec accusateur était dirigé vers lui et qui se perchait sur la proue d´un bateau dans le quai.

S´apercevant vite de son erreur l´homme tourne la tête dans tous les sens pour chercher la veritable source des mots qu´il venait d´entendre.

Là, à sa gauche, il voie la présence d´une femme prendre corps à quelques metres de lui.

Un beret rouge, d´abord. Puis, un manteau vert, des cheveux blonds ensuite et à la fin un visage qui lui tourne le dos et que l´homme n´arrive pas à voir.

Enveloppé dans un écho auquel se mélait le son d´un bateau qui s´éloignait, l´homme entend les mots suivants s´ajouter à ceux de tout à l´heure:

“L´imagination grossit les petits objets jusqu´à en remplir notre âme par une estimation fantasque, et par une insolence teméraire elle amoindrit les grandes jusqu`á sa mesure”

C´étaient les mots auquels la femme songeait en se promenant le long d´un quai sans issue le jour de leur séparation.

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