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Un repas en dentelles

Je ne voulais qu´être seul, seul dans la cuisine, une cuisine qu´on m´avait pretée et qui était allemande , d´ailleurs.

Cet été-là je me trouvais dans une famille d´accueil allemande, dans un village pas loin de Berlin. À la fin du sèjour de cinq semaines on attendait des hôtes étrangers qu´ils fassent un plat typique de leur pays.

Face à cette tâche, je l´avoue, j´avais peur, tout conscient que j´étais que je n´avais guère cuisiné de ma vie…

Il était une fois nèanmoins…où j´avais fait une omelette aux pommes de terres, ce plat qu´on dit très typique de mon pays au point qu´on l´appelle dans certains endroits “omelette espagnole”.

De fait, selon mon expèrience, on a du mal aujourd´hui à trouver des omelettes de souche vraiment espagnole. Ce qu´on trouve le plus souvent dans les bars et les restaurants en Espagne, ce sont plutôt des masses rondes de pommes de terre pas assez cuites qu´on recouvre de deux oeufs battus au préalable, des trucs inouïs auxquels on ose accorder avec effronterie le nom d ´ “omelette espagnole”.

À cette occasion-là, étant seul et me trouvant en Allemagne, on m´offrait l´opportunité de faire une omelette vraiment espagnole en recourant à la technique  que j á avais mise au point avec tant de succés à l´âge de dix-huit ans auprès de ma première fiancée.

Or, à tout prendre, je n´étais pas si seul dans la famille allemande que je ne le pensais. Au lieu d´ une fiancée éprise de moi, je devais partager ce challenge culinaire avec un collegue russe qui faisait partie aussi du cortège des invités distingués chez les Hausmann

De dures negotiations, alors, s´en sont suivies pour arriver à déssiner un plat qui avait pour but d´impressioner nos hôtes et qui de plus  devait s´en tenir au maigre budget que ceux-ci avaient mis à notre disposition.

Aprés d´âpres discussions on s´est rendu compte qu´il y avait , en effet, un plat don’t les racines communes livraient  des ramparts assez solides pour batîr dessus une double entente.

Je parle de la salade russe mais pas de la salade russe française qui  consiste normalement dans une macédoine de légumes diverses sinon de la salade russe espagnole ou au moins de la salade russe qu´on trouve sur les comptoirs de quelques bars espagnols et, je le suppose, par extensión, sur ceux de la Russie.

Quel mélange si sublime de mayonnaise mal montée, pommes de terre durcies et même quelquefois des crevettes guillotinées dont les têtes surgelées on en profite pour parer une paella qu´on servira comme entrée!

L´idée de façonner ces deux plats, l´omelette espagnole et  la salade russe, à partir d´une nouvelle alliance qui tiendra le rôle d´avant-garde d´une révolution culinaire à l´échelle de la planète entière, envahit tout d´un coup nos palais fraternels et ne nous faisait penser qu´à conquerir ceux de nos hôtes allemands.

J´épargnerai au lecteur les détails de l´opèration culinaire à laquelle les Hausmann nous ont preposé, je me bornerai à indiquer qu´a fur et à mesure qu´on faisait des progrès avec les ingredients bariolés qu´on avait à la portée de la main, on prenait conscience de la hauteur de nôtre tâche.

Le torse bombé, l´esprit gonflé d´orgueil et les yeux intectés de sang, le russe et moi, nous nous tenions au garde- à- vous chaque fois que nous nous voyions serrant dans les mains cuillères, fourchettes, maryses, oeufs, pommes de terre, tous ces ustensiles si utiles pour percer la ligne de nos convives et  dûment rangés pour entamer la prise d´assaut de leurs palais.

Peu à peu nous nous laissions emporter par une espèce de surenchère qui nos àmenait à jeter dans la casserole des oeufs et des pommes de terre comme si ils fussent de vrais projectiles.

À un moment donné, le haut commandement- autrement dit, les hôtes allemands auxquels nous avons emprunté la cuisine- donnerènt l´ordre d´arrêt et nous nous mîmes à mettre la table en ajoutant comme boisson quelques litres de “sangría” et de vodka.

Aprés le dîner le champ de bataille culinaire offrait la vue affreuse de nos entrailles reduites en bouille tandis que nous faisions en vain la queue devant les toilettes comme si nous étions, pour ainsi dire, le peuple en quête du pain après la guerre la plus cruelle.

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