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Archive for 15 junio 2014

Drôle de mythe que celui de ce Thésée

Bon, chers amis, il faut tout d´abord que je me presénte. Je m´appelle Thésée. Bizarre prénom, je l´avoue, mais je suis trés fier de l´avoir.

Je dois ce sentiment de fierté à mes parents. Ils me transmirent ce regard en surplomb avec lequel je fais face aux injustices du monde.

Outre ce sentiment de fierté, un autre trait qui me caractérise c´est mon physique. Je suis trés costaud grâce à la pratique de la gymnastique grècque avec mon père depuis mon enfance.

Je serai bref pour ne pas perdre le but de mon rècit: je me considère trés doué pour affronter les challenges les plus dangereux, une espèce de Clint Eastwood à la grecq.

Là-dessus les gens de mon village n´arrêtent  pas depuis quelques jours de me faire chier en me parlant d´un certain Minotaure enfermé, à ce qu´il semble, dans un misterieux labyrinthe par ordre de Minos. Je ne connais pas ce mec, Minos, mais je m´en moque complètement car l´enjeu ici ce n´est pas Minos, mais plutôt sa fille Arianne qui est une nana bien foutue et qui en plus est éprise de moi.

La dernière fois que nous nous sommes vous, Arianne m´a chuchoté aux oreilles en me caressant l´entrejambe que je dois aller libèrer le Minotaure comme gage de mon amour. Je soupçonne que ce fut Aphrodite, la deése de l´amour, ce qui, à son tour, lui a chuchoté cette proposition à double tranchant. Je dis “à double tranchant” parce que c´était comme si on jouait à pile ou face: soit je tueais le Minotaure et gagnais ainsi l´amour d´Arianne pour toujours, soit c´était le Minotaure qui me tueait et je perdais l´amour d´Arianne à jamais.

Comme souvent dans la vie, les choses ne furent pas à la fin si tragiques.

Aprés avoir penetré dans le labyrinthe armé d´une epée à double tranchant et d´une longue pelote de laine tisée pas les mains delicates de Pénélope à la demande de ma chère Arianne, le Minotaure et moi, nous nous sommes rencontrés et avons fini par prendre amicalement des verres, nos coudes appuyés sur le comptoir du  “Laberynthe” qui, aprés tout, s´avèra être une boîte branchée pas loin de chez moi.

 

 

 

Drôle de mythe que celui de cet Ulysse

À cette époque de sa vie, accablé par les tracas quotidiens, il prit la décision de commencer à voyager, à voyager dans le but de s´éloigner de sa vie journalière à travers les langues étrangères qu´il se vantait de connaître. C´était, alors, un double voyage, ce qu´il entamait. D´un côté, un voyage vers l´étranger et d´un autre côté vers une langue qui n´était pas la sienne.

L´histoire ressemblait de loin à celle d´Ulysse se rendant vers Ithaque après avoir fait la guerre à Troie. De fait, il n´avait pas de difficulté pour s´imaginer dans le rôle du hèros grecq. Au départ de chacun de ses voyages, lorsqu´il démarrait sa voiture ou montait dans l´avion, il avait l´habitude de pousser des cris de guerre dans la langue étrangère de sa destination, en prenant soin toujours de lui prêter une diction grecque très personnelle. Tout ça lui faisait plaisir.

À un moment donné, néanmoins, il se rendit compte que pour suivre le mythe jusqu´au bout, il fallait une Pénélope qui tisseât et détisseât le linceul pour lui, en l´attendant dans la terre natale avec une fidelité et une patience que seulement les vrais héros meritent.

Alors, il se mit à chercher cette femme, incarnation idéale de la fidelité.

Ce fut justement cette quête, ce qui, à son insu, devint le mythe de sa vie.