Épave de Glaucos

Les derniers jours de sa vie furent comme les derniers jours de ce navire sombré qu´on est enclin à voir sur la photo. À cause de sa maladie il avait du mal à bouger toute comme si la maladie était une espèce de boue ou de sable èpaise ne lui permettant de rien entamer, quand bien même il l´aurait voulu de toutes ses forces.

Ce fut quelque chose de pénible à voir, l´spectacle de l´ impuissance de ses derniers jours, car sa volonté, si fragile qu´elle ait été dans le passé, commençait à se montrer comme la proue emphatiquement survivante qui, d´emblée, attire l´attention de celui qui regarde l´image ci-dessus. Elle fut à même de surmonter des obstacles qu´on croyait insurmontables. A ce moment de sa vie, au moment juste où la maladie s´empâra de lui , il prenait, de fait, son élan.

Chaque fois qu´on met sous les yeux l´image de cette masse informe, si pareille à un bateau échoué qui s´efforce dans l´épaisseur des sables de continuer à naviguer, on ne peut que penser à lui en luttant contre l´ infirmité.

C´est la qualité lourde de cette lutte, le fait de l ´avoir prolonguée jusqu´au bout, ce qu´on admire , quoiqu´on se demande de fois si sa demeure dans l´épaisseur des sables, au contraire que celle d´une tortue qui y avance lentement pour pondre ses oeufs, ne fut pas une lutte condamnée d´avance à l échec.

Fut-il, ce lieu, vraiment le lieu de son échec? C´était la question que l´spectateur face à la photo se posait, alors qu´il se souvenait de cette periode où son maximum succés et sa chute la plus définitive coïncidèrent.

Saisi par la perplexité que toujours cette incongruité lui causait, l´spectateur se rapprocha de l´image , inclina la tête vers elle, puis il prit de la distance pour essayer de la mettre en perspective. Ensuite, il s´avoua qu´il n´y avait pas de perspective possible car l´espèce de bateau qui s´enfoncait dans l´épaisseur des sables n´était rien d´autre chose que la représentation de son dernier trajet avant de s´y fondre.

Platon-La République-Épilogue, scène 2:

“Le spectacle qui nous est offert,cependant, nous avance autant que la vue de Glaucos de la Mer a pu avancer les témoins. Il était difficile de voir sa forme primitive, d´origine, parce que les membres d´autrefois n´avaient pas résisté aux fractures ou à l´écrasement ou à un délitement total parmi les flots, et qu´il s´y était agregé des éléments étrangers, des coquillages, des algues, des pierres, et il avait plutôt l´air d´une bête quelconque que de lui-même en sa forme originelle. Et tel est aussi le spectacle que l´âme nous offre, du fait de misères sans nombre.”

 

 

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