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L´amour impossible de Deborah et Noodles

Deborah était seule dans le bar. Elle songeait, revêuse, en regardant sa tasse de café ce soir noir d´un dimanche d´hiver. Elle venait de mettre un morceau de sucre dans la tasse   et s´attardait à contempler les vagues concentriques que ceux-ci faisait sur la surface liquide. En peu de temps le morceau  fut trempé de la couleur noire du café et il commença à se dissoudre, à disparaître dans la tasse, à s´enfoncer dans un bagne de douceur amère “Comme sa vie”, pensa-t-elle. “Comme sa vie après ce rencontre”, se dit-elle toujours. “Comme sa vie avant de ce que la chaise en face de soi fût désoccupée” conclut-elle

Noodles, il s´était mis recemment en contact avec elle à travers le seule moyen qui lui était disponible faute d´avoir ses coordonnées; un réseautage social en ligne qu´il employait de temps à autre pour promouvoir sa vie professionelle, figée depuis longtemps dans un échelon sans aucune espérance de montée. Pour s´expliquer cette situation il avait commencé à la suite des conseils de son therapeute à établir des liens significatifs entre sa vie professionelle et sa vie amoureuse, cette dérnière figée à son tour dans l´ échelon d´un mariage en pleine pente, fruits duquel avaient été six enfants reconnus et six inconnus essaimés dans le monde entier- origine, d´ailleurs, des copieux dépens supplementaires.

Petit à petit il se fut aperçut à quel point la disette dans laquel son minable pouvoir d´achat par rapport à una famille si vaste le placait, était lié à l´experience inachevée, voire frustrée de son premier amour, un amour qu s´obstinait á le chasser même dans les coins les plus cachés de ses rêves, un amour qui n´arretait pas de le coincer depuis le fond de son âme. Il a beau se mettre des oeillères et tirer la charrue pour alimenter sa trop grande famille avec une exemplarité digne de l´enfouir dans un cercueil paré des nombreaux drapeaux si, par hasard, l´effort d´entretien  le débordait un jour, il n´était pas à même de sortir de sa tête cette amour destinée à allumer – aux yeux au moins de ses fantasmes – l´étincelle d´un succés et professionel et sentimental sans partage.

Noodles, donc, se décida et envoya un message à son amour d´enfance Deborah à travers ce réseautage professionel et, après quelques minutes, elle lui repondit en lui donnant son número de portable et en lui disant qu´elle serait très hereuse de pouvoir le revoir et de parler du passé  qu´ils, les deux, avaient si étroitement partagé à l´école. Face à cette réponse Noodles ne perdit pas le temps et arranga resolûment un rendez-vous avec Deborah dans un bar.

Dès l´instant où il la vit dans le bar avec son chapeau jaune, son pardessus vert et son visage si beau et si pareil à celui de la fille dont il se souvenait si intensement, tout l´amour qu´il avait essayé de toute sa force de refouler  commença à bouilloner dans tous le sens si bien qu´il eut du mal à amorcer une conversation coherente sans l´embrasser sur- le -champ. Après quelques instants, neanmoins, il réussit à  arrêter de bàgayer et  dire des platitudes et il arriva plus ou moins à se maîtrisser. Il appela le garçon,  demanda ensuite à Deborah ce qu´elle voulait pour boire et commanda deux tasses de café. Cette operation banale l´aida à trouver plus d´equilibre ainsi que la naturalité necessaire pour aller lui poser des questions sur la vie qu´elle mènait à present tout en évitant soigneusement de parler dans la mesure du possible de la sienne. Quoiqu´il en soit, Deborah, elle n´avait  non plus envie de parler de la vie qu´elle mènait , de ses cinq mariages echoués l´un aprés l´autre, le dernier plus rapidement que le precedent, de sa fille ainé, si semblable à elle même, qui commencait à lá âge de quinze ans à le défier avec insolence et à s´habiller gothique, d´un succés professionel qui l´avait amené, certes, au  sommet de son secteur  mais qui  ne comblait du tout le vide d´une vie sentimentale, la sienne, de plus en plus sans repères ,de plus en plus à la dérive. Non, tous les deux avaient la forte necessité de s´evader, de s´accrocher , si possible, à un brin d´spoir en parlant du passé lointain de leur enfance, en laissant de côté leurs tracas quotidiens, les gênes journaliers qui , à fur et à mesure qui se répetaient, eloignaient la possibilité d´ atteindre le bonheur auquel ils s´ attendaient dans leurs vies d´adultes.

Presque inconsciemment, donc, ils se glissèrent vers le monde enfantin de leur école. Ici ils s´installèrent à leur gré et ils se mirent à evoquer les longues prières à première heure du matin sous un froid du canârd auxquelles la fois raide de la directrice  les soumettait chaque jour sans pìtié dans la cour,  cette cour même où pendant la pause les filles sautaient à la corde et les garçons jouaient à la balle, les occasions où les sauts des filles tiraient de leurs jupes vers le haut en laissant entrevoir leurs culottes aux regards de plus en plus avides des garçons, et, sur tout,ce jour-là, où en jouant au cache cache dans la cour, dans ce part de la cour plus precisamment appelé “les champs” du fait qu´il s´agissait d´ un terrain plein de mauvaises herbes qu´on utilisait d´habitude pour faire des choses interdits par la direction, il trouva sa cachette et en l´enveloppant fort entre ses deux bras pour lui empecher d´echapper ils tombèrent par terre dans une etreinte et face à face et au sol, entourés par les mauvaises herbes qui là  poussaient, ils se regardèrent et il, Noodles, attiré par l´ intensité muette de ses yeux, tenta alors de l´embrasser et voilá que, dans la foulée, elle profita de son désir pour s´échapper….

Et ainsi en fouillant dans leurs memoires Deborah et Noodles, ils éclatèrent à rire jusqu´à ce moment où leurs regards se croisèrent comme autrefois dans “les champs” interdits de leur école, jusqu´à ce moment où leurs yeux prirent un air serieux et se mirent  à creuser leurs âmes par dessus de la table du bar avec une intensité muette,  presque comme ils le fissent jadis avant de tomber par terre dans les champs interdits,  à la difference près qu`à present ils étaient assis paisiblement sur les chaises de ce  bar, et que le joug de la vie adulte pesait sur eux avec une pesanteur accablante et que ni elle ne voulait plus se cacher n´il poursuivre une quête qui aboutirait dans une fuite. La seule chose qu´ elle convoitait c´ êtait d´ être trouvée à nouveau en se dérobant pour de bon de sa cachette , d´être enveloppé par ses bras en tombant par terre sous une étreinte charnelle , de se faire baiser n´importe où puis qu´elle se trouvait déjà au milieu des mauvaises herbes des champs interdits et ceci il l´avait compris dès que leurs regards se croisèrent au délà de la table, au dèlà du bar, au dèlà de leurs vies,  dans  le même lieu justement du passé.

En ce moment, donc, ils ammènèrent resolûment leurs tasses de café vers leurs levres et épuissèrent leurs boissons. Ensuite ils se mirent début et se rendirent vers les toilettes du bar. Puis il ouvrit la porte des toilettes d´hommes,  entra, et en regardant à droite et à gauche il constata que personne était là et qu´ils avaient le champ libre.Il fit un signe à Deborah pour qu´elle se rapprochait de lui, il lui prit la main et tira violemment son corps vers lui. Après ils se cachèrent dans une cabine des toilettes et en fermant les yeux jusqu´à n´avoir en face d´eux que le rayon vert des mauvaises herbes, ils se mirent à faire l´amour comme des bêtes en rut.

“Madame…Excusez-moi, Madame, mais nous allons fermer” dit le garçon à   Deborah , lorsqu´elle songeait revêuse ce soir d´un dimanche d´hiver, noir comme le marc de son café, plutôt que vert.

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