Inicio > Des histoires, Divertissement, French, Le Bouscat 26 Août 2013 > C´est la pluie qui tombe goutte à goutte

C´est la pluie qui tombe goutte à goutte

Il est dans sa voiture. Il est tranquille car il vient de remplir le réservoir d´essence. Tout est prêt donc pour un voyage sans entraves vers Le Bouscat, tout dûment prevu et à sa place: le navigateur GPS habilement programmé sans presque l´ aide de personne,  le rétroviseur bien placé aprés avoir constaté dans son miroir que il n y a pas restes du petit déjeuner coincés dans ses dents, la fermeté de ses mains en rassurant au volant qu´il pouvait avoir confiance en elles, et, ça va de soit, son regard resolu et sûr en essayant de lever les paupières obstinemment trainées vers le bas par le sommeil. Face à soi, l´auto-route qui n´osera pas lui poser aucun problème, n étant qu´une ligne droite à ses pieds, quand bien même ceux-ci seraient endoloris à cause d´une entorse de la cheville.

Compte tenu de tout ce qui précède il se décide à accelèrer.

Mais dès l´instant où il enfonce la pédale d´accelerateur à fond avec ses pieds endoloris des craintes , malgré soi, lui assaillent et il se demande si, par hasard, il n´y aura pas des limitations de vitesse sur cette auto-route qu´il faudra respecter. Du coup sa tranquilité s´évanouie étant donné qu´il veut, tout à fait, arriver à l´heure mais pas à tout prix. Des amendes de  police, il aimerait avant tout les eviter d´autant plus qu´il avait il n´y a pas si longtemps perdu son permis de conduire justement pour excès de vitesse. Cette sorte de craintes s´enchaînent l´une après l´autre d´une façon presque folle et bientôt l´idèe generale de “punition” prend le dessus dans une moitié de son cerveau pendant que l´autre partie s´efforce de faire attention aux innombrables signaux qui reçoit à travers tous les sens:  des panneaux de signalisation ,à travers les yeux, les signaux sonores du GPS chaque fois que celui-ci repère soit une sortie de l´autoroute, soit un radar automatique soit une station-service, à travers les oreilles,  l´odeur forte de la tapisserie bonne marché en cuire capitonné de sa bagnole, à travers le nez, et à travers la peau, les poussières repandues sur le tableau de bord lorsque en faisant la queue au peàge, il commence à ronger son frein et à pianoter avec ses doigts sur la surface noire qui se trouve sous le pare-brise. Il est tiraillé entre l´impatience d´arriver tout de suite à sa destination finale et la conscience aiguë que cela entraînera une punition qu´il meritera.

Dechiré par cette contradiction, fatigué par la tensión que lui impose, il bâille et en bâillant il se rappelle de Marcus Messner, l´héros du dernier roman qu´il avait lu la veille de la nuit avant de s´endormir et de partir le lendemain. Messner, le pauvre, il est mort à l´âge de dix-neuf ans après avoir pris une serie de mauvaises décisions. Il avait pris ces décisions mené par l´indignation. Il n´a pas su ou il n´a pas pu se sustraire à l´ impulsíon de sa colère face aux exaspèrantes niaiseries dont l´autorité- depuis son père jusqu´au directeur de son université- se servait pour l´agacer, pour le coincer, pour ne pas le laisser même accomplir les buts que cette même autorité avait en lui suscité. Faisaient partie ces décisions necessairement de son destin ou pas? Quoi qu´il en soit, en lisant l´histoire de Messner il a eu l´impression que le gars ne meritait pas un destin si cruel, il n´avait rien fait pour finir avec ses entrailles reduites en bouillie par une baïonnette chinoise dans une tranchée en Corée. Pas du tout.

“Reduites en bouillie”…”en bouillie”…Pas à cause d´une baïonette chinoise cette fois mais plûtot à cause d´une impatience qui menace devenir de l´indignation au volant, une envie irresistible de doubler les autres vehicules qui sont là pour lui empêcher d´arriver à l´heure, une espèce de cri de guerre contre tous ces dispositifs de securité routière qui, prêts à le punir à tout moment ou à le distraire sous pretexte de le renseigner sur les périls dont il est partout entouré, le chassent sans arrêt, le surveillent sans cesse, le harcelent sans pitié avec des amendes tombées du ciel tel balles d´une mitrailleuse sans entrailles…Pour échapper à elles il a failli renverser son auto dans le fossé.

Tout d´un coup il se rend compte que, comme Luis Mariano chantait á ce moment – là à la radio de sa voiture, “C´est la pluie qui tombe goutte à goutte” et en s´apercevant que des nuages sombres commencaient à planer sur l´auto-route, il jete un coup d´oeil à ses pieds endoloris qui enfoncent la pédale d´accelerateur à fond, à ses bras tendus qui soutiennent le volant comme s´il était un prolongement orthopédique de lui, à ses propres yeux inyectés de sang qui sont en train de jeter un coup d´oeil …Et il se met à mediter. Et pendant qu´il medite ses pieds relâchent leur pression sur la pédale d´accelerateur… Et petit à petit il est enclin à  penser qu´ il vaudrait miex être  paisible et pas guerrière… Et on écoute sa voix se joindre graduellement à celle de Luis Mariano… Et, bien qu´on sache que cette fois il arrivera en retard, on sait également que désormais il s´en fout.

  1. Aún no hay comentarios.
  1. No trackbacks yet.

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s

A %d blogueros les gusta esto: