Inicio > Des histoires, Divertissement, French, Le Bouscat 26 Août 2013 > Souvenir de mes lits, souvenir de mes querelles

Souvenir de mes lits, souvenir de mes querelles

Je m´en souviens à peine, mais tout d´abord j´ai du dormir au sein de ma mère. Ensuite, selon les récits les plus vraisemblables, dans un berceau dont j´ai toujours du mal à me souvenir, bien que j´ ait déjà été – presque à l´aube de ma vie- figurez vous!-, conscient qu´on mettait à mon exclusive disposition cette espèce de lit si amusante dans laquelle je pouvais continuer à me balancer comme je le faisait dans le ventre de ma mère.  Celles-ci sont, sans doute, les premiers dispositifs pour bien dormir dont je me souviens avec bonheur car je pouvais faire toujours la grasse- matinée sans que personne ne me dérangeât.

Après cette époque-là  j´ai commencé à dormir dans un lit au sens propre dans la même chambre que mon petit frère. Ce changement  dont personne m´avait prevenu à l´avance a bouleversé mon sommeil, qui a commencé à perdre sa qualité agrèable pour se pencher vers le noir.

Ca tenait à quoi? Pourquoi est-ce que l´arrivée de mon petit frêre a troublé mon sommeil en le livrant à un cauchemar d´un royaume qui avait failli s´effondrer ?

Bon, il faut le dire vu que nous sommes assez adultes pour comprendre certaines choses, si dures qu´elles puissent être. Alors, ne vous etonnez pas si je vous avoue qu´on a osé  me réveiller du jour au lendemain pour de bon  et d´une façon très rude et inouïe. Quelqu´un a eu l´aplomb de me dépouiller de mon exclusivité sans compter sur moi. Si, jusqu`à ce moment-là j´avais possedé un royaume de rêve dont j´était le proprietaire tout puissant et à juste titre – je parle de ma chambre et de tout ce qu´était lié aux jouissances privées du petit roi que j´étais – dés l´ instant de l´arrivée de mon petit frêre j´étais voué à tout partager avec un être qui, de surcroit, je ne connaissait pas, mais qui, à c´est qu´il semblait, jouissait des mêmes prerrogatives que moi.  A partir du moment où je suis devenu l´ainé, j´ai commencé à me rendre compte du grand désavantage que cela signifiait. Pas seulement la fin de mes privilèges mais aussi la prise d´une responsabilité envers cet illustre inconnu dont la prèsence je n´avais jamais demandé et à l´hauteur de laquelle je ne voulais pas du tout être.

Comment est-ce que j´ai pu m´en sortir? À quelle source ai-je puisé les ressources nécessaires pour faire face à ces effronteries sans arrêt auxquelles j´étais impitoyablement assujetti ? Où dans mon âme est-ce que j´ai trouvé la generosité pour me laisser tondre la laine sur le dos?

Où que ce soit, je crois qu´il s´agit d´une question toujours ouverte. On pouvait même avancer la thèse que le processus d´adaptation se déroule encore et qu´il s´est averé trop lent et plein d´obstacles. Pas le moindre le fait que mon petit frêre pensait de moi le même à peut près que je pensais de lui. Du coup un chemin fraternel fait de coups de poing et coups de pied s´est ouvert devant nous. Si, au lieu d´être attisé et ralongé, ce chemin aurait pu être raccourci et assoupi, c´es une autre question que je refuse ici notamment de me poser.

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